ZWISCHEN..

BECKMANN & PICASSO

Und wiederum hatte Frau Brotbeck das Vergnügen als Sonderbeauftragte der EU-Brandschutzkommission, in Vertretung ihrer französischen Kollegin, sich an der Côte d'Azur, für eine Woche einzurichten, um - so lautete ihr Auftrag - Brandanalysen vorzunehmen, die vornehmlich an den Beginn und Mitte des 20. Jahrhunderts zu datieren waren.

Kunst und Erkenntnis waren dabei die Hauptthemen die es, unter gesellschaftlichen Brandherden, zu analysieren galt.

So kam es, dass sie nach einigen sonnigen Tagen in Cannes den Zug nach Antibes zu besteigen hatte und dort am Bahnhof angekommen, von einer kleinen französisch-österreichischen Delegation in Empfang genommen wurde.

Zu ihrer freudigen Überraschung empfing sie ihren Mann, der zufälligerweise als Delegationsleiter fungierte. Gemeinsam ging man anschließend durch die Avenue de la Libération, die Rue de la République bis zur Rue du Batteau. Am nahe gelegenen Palace Mariejol entschied  man sich, ohne in einem der netten Cafés einzukehren, für eine direkte Besichtigung des Grimaldi-Schlosses, in dem seit 1946 Pablo Picasso seine Exponate ausstellte.

In eng verschachtelten Räumen und Gängen waren nun Skulpturen, kindlich anmutendes Töpferwerk, überdimensional Skizziertes zu bewundern, welche in der Vielzahl der erschaffenen Exponate eine Art Schaffensdrang vermuten ließ. Gut verständlich war auch die kubistisch anmutende Malerei wenn man diese im zeitgenössischen Bezug, der nationalen Verwirrung in den dreißiger und vierziger Jahre des zwanzigsten Jahrhunderts betrachtete und gerade daraus einen Aufschrei des Künstlers zu hören vermochte, der da lautet:Beugt euch nicht dem Diktat der heroischen Monotonie“!*

Frau Brotbeck war in Gedanken versunken, als ihr plötzlich Max Beckmann in den Sinn kam. “Kunst diene der Erkenntnis und nicht der Unterhaltung”, so dieser.

Sie öffnete ihre Augen und erstarrte. Ein neues Bild? Nein. Im obersten Stock erwacht, war sie gefesselt durch ein gerahmtes Gemälde, welches blau schimmernd, zart lichtdurchflutet, über jeglichen Kunstbegriff erhaben, Picassos Werke erblassen ließ.

Es war - das durch ein Sandsteinfenster schimmernde - Meer!

Die Kunst stand der Natur gegenüber und verbrannte augenblicklich zu Bedeutungslosigkeit! Dies waren die letzten Worte die Frau Brotbeck in ihrem Brandschutzbericht ihrer französischen Kollegin mitteilte.

Sie trafen sich zu Roséwein und französischem Käse.

Santé!

*Die Stimulation des Heroischen ist ein bekanntes, monotones Muster, dessen sich “Staatschefs” des Öfteren bedienen - erkennbar an gegenwärtigen Konflikten - und offenbart ihre eigene “Gefangenschaft” in der ideologischen “Zwangsjacke”.

Die Kunst hingegen bietet als spielerischer Akt des Widerstands ein Gegenmodell: Sie schenkt Hoffnung und eröffnet neue Perspektiven, aus denen mit der Zeit ein neuer Status quo entstehen kann.

(Leoluca Orlando, Jean Tinguely - „Nouveaux Réalisme“)

Collage

ZWISCHEN BECKMANN UND PICASSO
A. REISER






ENTRE

BECKMANN ET PICASSO

Une fois encore, Madame Brotbeck eut le plaisir de séjourner pendant une semaine sur la Côte d'Azur en qualité de déléguée spéciale de la Commission européenne de protection contre les incendies, remplaçant sa collègue française, afin de procéder – telle était la mission qui lui avait été confiée – à des analyses d'incendies remontant principalement au début et au milieu du XXᵉ siècle.

L'art et la connaissance constituaient les thèmes essentiels qu'il convenait d'examiner au regard des foyers d'embrasement de la société.

C'est ainsi qu'après quelques journées ensoleillées passées à Cannes, elle prit le train pour Antibes où, à son arrivée en gare, une petite délégation franco-autrichienne l'accueillit.

À sa grande joie, elle y retrouva son mari, qui se trouvait, par un heureux hasard, être le chef de cette délégation. Ensemble, ils empruntèrent l'avenue de la Libération, puis la rue de la République jusqu'à la rue du Bateau. Arrivés près du Palace Mariejol, ils décidèrent, sans s'attarder dans l'un des charmants cafés voisins, de se rendre directement au château Grimaldi, où Pablo Picasso créa et exposa ses œuvres à partir de 1946.

Dans les salles et les couloirs étroits du musée se succédaient sculptures, céramiques aux accents presque enfantins et esquisses monumentales, dont la profusion laissait deviner un irrésistible élan créateur. La peinture d'inspiration cubiste devenait elle aussi parfaitement intelligible dès lors qu'on la replaçait dans le contexte historique des années trente et quarante du XXᵉ siècle, marquées par le désarroi des nations. On croyait alors entendre le cri du peintre proclamer :

« Ne vous soumettez pas au diktat de la monotonie héroïque ! »

Madame Brotbeck demeura un instant plongée dans ses pensées lorsqu'une phrase de Max Beckmann lui revint à l'esprit : « L'art est au service de la connaissance et non du divertissement. » Elle leva les yeux et resta figée. Un nouveau tableau ? Non.

Parvenue au dernier étage, elle fut saisie par une œuvre encadrée qui, baignée d'une douce lumière bleutée, transcendait toute idée même de l'art et reléguait les œuvres de Picasso au second plan.

C'était la mer, scintillant à travers une fenêtre de grès.

L'art faisait désormais face à la nature et se consumait instantanément jusqu'à l'insignifiance.

Tels furent les derniers mots que Madame Brotbeck consigna dans son rapport destiné à sa collègue française.

Puis ils se retrouvèrent autour d'un verre de rosé et d'un plateau de fromages français.

Santé !



*La stimulation de l’héroïque est un modèle connu et monotone, dont les « chefs d’État » se servent fréquemment — comme le montrent les conflits actuels —, et qui révèle leur propre « captivité » dans la « camisole de force » idéologique.

L’art, en revanche, offre un contre-modèle en tant qu’acte ludique de résistance : il donne de l’espoir et ouvre de nouvelles perspectives, à partir desquelles un nouveau statu quo peut, avec le temps, voir le jour.

(Leoluca Orlando, Jean Tinguely – « Nouveaux Réalisme »)



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